J'exerce exclusivement l'ostéopathie et l'acupuncture depuis 1987. Je suis donc encore trop jeune et débutante pour prétendre enseigner. Toutefois, j'ai depuis quelques années le plaisir et le privilège d'aider dans leur formation de futurs ostéopathes équins qui ont validé des cursus solides

     Dominique Giniaux n'a jamais voulu former qui que ce soit. Il nous répétait : "je ne t'apprendrai rien, je te ferai juste gagner du temps", en nous laissant choisir une base de formation en ostéopathie humaine. Le "temps partiel" était de 2500 heures au moins, la plupart des enseignants étaient des maîtres. Selon les principes qu'ils m'ont transmis, les formations d'ostéopathie équine actuellement proposées en France (et à l'étranger par des Français) ne sont pas des formations à l'ostéopathie.

   L'historique de ces écoles fait en effet apparaître dès leur création un nombre d'enseignants bien supérieur à celui des praticiens aguerris à la même époque. D'où un système de "franchise" qui commercialement en tout cas a fait flores : un praticien doté d'un certain savoir-faire forme à ses méthodes plusieurs "élèves", et crée avec eux une "équipe enseignante". On se retrouve donc avec des professeurs d'ostéopathie qui n'ont pas fait d'études d'ostéopathie. Les programmes sont  gonflés pour satisfaire au quota d'heures actuellement exigé, mais ce n'est qu'une dilution des contenus de départ.

  Par Ostéopathie j'entends la Médecine Ostéopathique, qui demande une formation approfondie à l'anatomie ostéopathique (plus ardue à enseigner que l'anatomie chirurgicale), à la physiologie, au diagnostic palpatoire dans un but thérapeutique. J'insiste sur ce dernier point : diagnostiquer un certain nombre de limitations articulaires sur un cheval et les libérer n'est à mon sens pas de l'ostéopathie. Il faut être capable de comprendre et de hiérarchiser ces lésions en relation avec l'histoire et le terrain du patient, et par dessus tout être en permanence guidé par l'assentiment du cheval dans la conduite du traitement. 

  Seul l'animal nous guide, et la posture de thérapeute oblige à cette qualité de présence et à cette modestie, nous interdisant de lâcher un cheval souffrant et frustré sous prétexte qu'on lui a débloqué une ou plusieurs parties du corps.